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Jordan HOLDORF (University of York) “When and Where Should We Invest in Nature? Adaptive Optimisation for Ecosystem Restoration under Climate Risk”

December 10 @ 10:00 am - 12:00 pm

Séminaire QSEF – Économie et Finance Quantitatives Durables

10h – 12h

Jeudi 10 décembre 2026

 

Salle 3001

Jordan HOLDORF (Université de York) « Quand et où devons-nous investir dans la nature ? Optimisation adaptative pour la restauration des écosystèmes face aux risques climatiques »

Summary :

La restauration des écosystèmes à grande échelle revêt une importance croissante pour atteindre les objectifs climatiques, de biodiversité et de résilience environnementale. Pourtant, les niveaux d’investissement actuels restent largement insuffisants. Les marchés de la nature offrent des opportunités de mobilisation des capitaux privés aux côtés des financements publics et philanthropiques. Cependant, attirer les investissements privés exige une redéfinition des problématiques de planification de la restauration. Les décisions doivent prendre en compte non seulement les résultats et les coûts écologiques, mais aussi les rendements financiers, l’incertitude, le calendrier des investissements et la répartition des capitaux entre les projets.
Pour relever ces défis, la théorie financière et l’optimisation mathématique sont intégrées à la planification de la conservation afin d’appréhender la restauration comme un problème d’investissement dynamique. Les décisions se prennent dans le temps, dans un contexte d’incertitude écologique et financière, ce qui implique de se demander non seulement s’il faut investir, mais aussi quand, où et combien investir. La programmation dynamique stochastique et l’itération de la valeur du portefeuille, inspirées des concepts des options réelles et de la théorie du, permettent d’identifier des stratégies d’investissement adaptatives face à l’évolution des conditions. Les approches développées sont appliquées à la restauration des écosystèmes côtiers, avec un intérêt particulier pour les écosystèmes de carbone bleu, tels que les mangroves, les marais salés et les herbiers marins.

 

Les marchés du carbone offrent un mécanisme permettant de lier les résultats écologiques aux rendements financiers, tandis que les perturbations climatiques introduisent une incertitude quant aux performances environnementales et financières. Ce contexte permet d’examiner, dans un cadre commun, les interactions entre les coûts de restauration, le stockage du carbone, les rendements du marché, le calendrier des investissements et les risques climatiques spatialement corrélés. Les résultats montrent que la flexibilité dans le choix du moment et du montant des investissements peut améliorer les résultats financiers et environnementaux. La viabilité financière est fortement influencée par les coûts de restauration, les prix du carbone, le potentiel de stockage, les risques climatiques et les conditions de financement, ce qui indique que le financement basé sur les marchés est plus adapté à certains contextes de restauration qu’à d’autres.
À plus grande échelle spatiale, la répartition des investissements entre les projets est également importante : la diversification peut réduire l’exposition aux pertes climatiques corrélées, tandis qu’une plus grande concentration spatiale peut générer des gains d’efficacité, mais accroître le risque partagé. Considérer la restauration des écosystèmes comme un problème d’investissement en contexte d’incertitude, plutôt que comme un simple problème de priorisation écologique ou de minimisation des coûts, modifier les décisions d’investissement qui en découlent. L’intégration du calendrier des investissements, de la flexibilité, des conditions de financement et des dépendances face aux risques fournit une base quantitative pour concevoir des stratégies de restauration plus adaptatives. Cette perspective permet également d’identifier les domaines où le financement privé peut être viable, et ceux où le financement mixte ou public reste nécessaire pour étendre la restauration des écosystèmes.