Nouvelle publication — Baromètre 2025 des prélèvements fiscaux et sociaux


Le CREST est heureux d’avoir participé à la troisième édition du « Baromètre des prélèvements fiscaux et sociaux en France », réalisée pour le CPO par Harris Interactive.

Ce sondage — mené auprès de 3 055 personnes représentatives de la population adulte — permet de suivre l’évolution des perceptions des Français à l’égard des impôts et cotisations sociales, en comparaison des éditions 2021 et 2023.

Les principaux enseignements sont marqués par une forte stabilité : 78 % des sondés jugent le niveau global des prélèvements trop élevé, et 61 % estiment que leurs propres impôts sont excessifs.

Parallèlement, le baromètre révèle des évolutions importantes dans les déterminants de l’acceptation de l’impôt : la confiance dans les institutions publiques pèse désormais davantage sur ce consentement, tandis que la connaissance du système socio-fiscal n’est plus un facteur explicatif.

Le CREST se réjouit de contribuer à ce travail indispensable de mesure de l’opinion et d’éclairage du débat public sur la fiscalité et la redistribution.

Quels effets d’une revalorisation du tarif des consultations médicales sur l’offre de soins ?


Présentation

Le prix d’une consultation chez un médecin généraliste conventionné en secteur 1 a été augmenté de 23 à 25 euros au 1 er mai 2017. Cette hausse de prix a été décidée par l’Assurance Maladie en accord avec les représentants des médecins, à l’issue de la Convention médicale d’août 2016, afin d’aligner progressivement les honoraires médicaux sur ceux des pays comparables de l’OCDE. Cette « expérience naturelle » permet d’évaluer l’impact causal d’une augmentation des tarifs médicaux sur un ensemble d’indicateurs relatifs à l’offre de soins. Les résultats suggèrent que la hausse des tarifs n’a que peu affecté la fréquence à laquelle les patients se rendent chez leur généraliste, mais qu’elle a conduit les praticiens concernés à voir davantage de patients chaque mois, en augmentant tant le nombre de patients vus chaque jour que le nombre de jours travaillés par mois. L’impact de cette mesure est particulièrement prononcé pour les médecins de moins de 40 ans. On observe par ailleurs une baisse des prescriptions de médicaments par patient, en moyenne, après la revalorisation tarifaire. Si la mesure a certes coûté davantage à l’Assurance Maladie, ce surcroît de dépenses résulte de la seule augmentation du nombre de patients : de légères économies ont été réalisées au niveau de chaque patient.

Résultats clés

  • Au 1er mai 2017, la consultation chez les médecins généralistes libéraux conventionnés en secteur 1 passe de 23 à 25 euros.
  • Suite à cette revalorisation tarifaire de 8,7 %, les praticiens concernés voient leur activité mensuelle, mesurée en nombre de consultations, augmenter en moyenne de 7 à 10 %, soit une élasticité de l’offre de soins à sa rémunération d’environ 1.
  • Cette hausse provient presque exclusivement d’une augmentation du nombre de patients (+11 % en moyenne), et non d’un changement dans la fréquence des consultations.
  • La hausse du nombre de patients résulte autant d’une augmentation du nombre de patients vus quotidiennement (de l’ordre de +5 %, en moyenne) que d’un accroissement de l’offre de travail des médecins (+4 %, en moyenne).
  • Les prescriptions de médicaments rapportées au nombre de patients ont diminué de 4,5 % en moyenne.
  • Le coût mécanique de la mesure pour l’Assurance Maladie s’est élevé à 500 millions d’euros de frais d’honoraires et 400 millions d’euros de remboursements de médicaments supplémentaires. La réaction comportementale des médecins, en termes de hausse d’activité, aurait dû conduire à un doublement de ces dépenses d’honoraires, mais elle a été compensée par la tendance à la baisse de l’offre de soins sur la période

Lire la note

Auteurs

  • Philippe Choné est professeur à l’ENSAE Paris et chercheur au CREST.
  • Lionel Wilner est chercheur au CREST

OrienteXpress : l’IA au service de l’orientation et de l’égalité des chances


À l’occasion du Salon Educ@tech qui s’est tenu à Paris du 19 au 21 novembre 2025, l’École polytechnique et Docaposte – via sa filiale Index Education, éditrice de PRONOTE – ont officiellement annoncé le lancement de « OrienteXpress », un projet de recherche visant à améliorer l’orientation des jeunes vers les filières scientifiques. Porté par le professeur Guillaume Hollard, ce projet est soutenu par les donateurs dans le cadre de la campagne « Servir la science ».

Un consortium multidisciplinaire lancé par la Banque de France avec la participation du CREST


Le 10 novembre 2025, Les Échos publie un article annonçant la création d’un consortium de recherche multidisciplinaire piloté par la Banque de France, réunissant le CREST, le CIRED et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. L’objectif : développer, à moyen terme, de nouveaux outils de modélisation capables d’intégrer dans les modèles macroéconomiques l’impact de la déforestation, de l’érosion des sols, ou encore de la perte de biodiversité.

Au sein du CREST, Olivier-David Zerbib et Peter Tankov représenteront le laboratoire dans ces travaux, qui visent à mieux anticiper les implications économiques et financières du changement climatique ainsi que les conséquences plausibles de la dégradation de la nature.

Participation de Pauline Rossi à l’émission “Les informés de l’éco” sur le budget 2026 et le système de protection sociale


Pauline Rossi, économiste, chercheuse au CREST et professeure associée à l’École polytechnique, intervient dans le podcast “Les informés de l’éco” pour éclairer les enjeux économiques et démographiques liés au projet de budget 2026 et à la soutenabilité du système de protection sociale en France.

Elle analyse notamment :

  • L’impact du vieillissement de la population et de la démographie sur les finances de la protection sociale.

  • Les défis que pose l’équilibre entre recettes et dépenses dans un contexte de modération de la croissance et de pressions inflationnistes.

  • L’importance d’une approche rigoureuse des données et de la modélisation pour comprendre les trajectoires à long terme, plutôt que de se focaliser sur des réflexes conjoncturels.

Par son intervention, Pauline Rossi apporte une perspective empirique et prospective sur les mécanismes de financement social et sur les effets à venir des choix budgétaires de l’État.

Participation d’Étienne Ollion à l’enquête « L’université française est-elle vraiment sous influence woke ? »


Dans le cadre d’un reportage de Complément d’enquête consacré aux débats autour du supposé « wokisme » à l’université, Étienne Ollion, sociologue et directeur de recherche au CREST-CNRS, intervient pour présenter les résultats d’une étude qu’il a dirigée sur l’évolution des thèmes de recherche en sciences sociales en France.

S’appuyant sur l’analyse d’un vaste corpus de publications depuis le début des années 2000, son travail montre que les approches liées au genre ou à la race progressent, mais de manière modérée : la part d’articles mobilisant ces notions reste limitée et varie fortement selon les disciplines. L’étude met également en évidence que des thématiques classiques comme la classe sociale demeurent centrales, et que l’écriture inclusive reste marginale dans les publications académiques.

Dans l’émission, Étienne Ollion rappelle ainsi que les données disponibles ne confirment pas l’idée d’une domination idéologique dans les sciences sociales françaises. Son intervention contribue à replacer le débat dans une perspective empirique et à nuancer les discours alarmistes en circulation.

Lien vers le replay de l’émission ici.

Financial Times highlights Olivier David Zerbib’s research among the most “positively” cited studies


In a recent Financial Times article, the newspaper looks at how research is often measured by citation counts and journal rankings. To show how these metrics shape perceptions of impact, the article highlights the ten most-cited studies according to the Scite analytics tool — including one by Olivier-David Zerbib, researcher at CREST.

Read the Financial Times article here.

CRESTive Minds : Enjeux économiques et politiques des sanctions économiques


Clément Montes est doctorant au CREST-École polytechnique depuis 2022 sous la supervision d’Alessandro Riboni. Sa recherche se situe dans le domaine de la géo-économie et des échanges internationaux, avec un focus sur les sanctions économiques.

Sa thèse porte sur les sanctions économiques dites smart qui ciblent spécifiquement des entreprises. À partir de la typologie des sanctions proposée par la Global Sanction DataBase (GSDB), recensant les mesures adoptées à l’échelle mondiale, on constate que ce type d’instrument a été largement mobilisé au cours de la dernière décennie. Cependant, les bases de données existantes ne fournissent pas d’informations détaillées sur les cibles à l’intérieur d’un pays. Cette limite rend difficile l’évaluation de l’impact des sanctions, faute de connaître avec précision le secteur d’activité et les caractéristiques des entreprises visées.

Clément a ainsi constitué une nouvelle base de données recensant les entreprises spécifiquement sanctionnées par l’Union européenne (UE). Dans un premier temps, cette base, nommée Firm Sanction DataBase (FSDB), enrichit la liste accessible sur le site de l’UE en ajoutant des variables telles que la localisation des entités et le calendrier des sanctions (e.g. menace, début, pause, fin de la sanction). En agrégeant les informations de la FSDB, on retrouve les principales tendances observées dans la GSDB. Ces nouvelles informations mettent en évidence trois biais récurrents dans l’estimation de l’impact d’une sanction économique.

  1. Supposer que toutes les entités visées par une sanction contre un pays se trouvent effectivement sur son territoire conduit à une mauvaise classification d’environ 23% des entités répertoriées dans la FSDB. Cette hypothèse, fréquemment utilisée dans la littérature en raison du manque de données, peut donc biaiser les analyses.
  2. Ignorer les programmes de sanction dont les noms ne correspondent pas à un pays revient à ignorer les sanctions de 21% de la FSDB. Par exemple, les programmes relatifs à la cybersécurité, aux droits humains ou au terrorisme ne permettent pas d’associer directement une sanction à un pays donné, et ne sont donc pas étudiés. Néanmoins, ces programmes concernent également des entreprises situées dans les cibles habituelles de l’Union européenne.
  3. Postuler que les entreprises prennent connaissance de leur sanction le jour de son entrée en vigueur revient à négliger leurs anticipations stratégiques. En réalité, l’écart temporel entre la menace de sanction et sa mise en application laisse en moyenne deux mois aux firmes pour ajuster leur comportement. Cet intervalle peut aller jusqu’à un an. Ce constat est encore plus marqué dans le cas des sanctions secondaires : si l’on suppose qu’une entreprise anticipe sa propre sanction dès lors qu’un de ses partenaires commerciaux est visé, la période d’anticipation est en moyenne de un an et demi, mais peut s’étendre jusqu’à douze ans.

Dans un second temps, la FSDB enrichit la liste publique de 1,900 entreprises actuellement sanctionnées en ajoutant environ 1,500 entités supplémentaires, identifiées dans les archives de l’UE, dont les sanctions ont depuis été levées. La FSDB recense également les justifications associées à l’instauration et, le cas échéant, à la levée des sanctions pour chaque entité. Ces variables permettent ainsi d’analyser les motivations politiques sous-jacentes à chaque régime de sanctions.

L’analyse du vocabulaire des textes justifiant la levée des sanctions des 1,500 entités délistées montre que cette levée traduit, dans une certaine mesure , le succès de la coercition exercée sur la cible. Ainsi, le retrait d’une entreprise d’un programme de sanctions reflète une amélioration des résultats politiques du programme considéré, à l’échelle macroéconomique.

Figure 1 - Évolution journalière du taux de succès des sanctions européennes par objectifs politiques

Note : La figure illustre la proportion d’entreprises retirées parmi l’ensemble des entités sanctionnées pour un objectif donné. Une même entité peut être visée par plusieurs objectifs politiques. Ainsi, une entité sanctionnée pour deux objectifs est, par exemple, comptabilisée pour moitié dans chacun d’eux.

La FSDB permet d’analyser la proportion d’entreprises retirées de chaque programme et que l’on peut interpréter comme un indicateur du degré de réussite des sanctions. La figure 1 illustre l’évolution dynamique de cet indice. Le graphique met en évidence que certains objectifs politiques, tels que la défense des droits humaines ou la lutte contre le terrorisme, semblent produire des résultats politiques plus significatifs que ceux visant à endiguer des conflits armés ou à protéger la cybersécurité européenne.

Référence

Felbermayr, G., Kirilakha, A., Syropoulos, C., Yalcin, E., & Yotov, Y. V. (2020). The global sanctions data base. European Economic Review129, 102561.

Cet article s’inscrit dans l’évènement Les Rencontres Cybersécurité et Défense de l’Institut Polytechnique de Paris organisé le 21 octobre 2025. Un évènement proposé en partenariat avec le Centre Interdisciplinaire d’Études pour la Défense et la Sécurité (CIEDS) soutenu par le ministère des Armées et l’Agence de l’innovation de défense, ainsi que la chaire Cyber et souveraineté numérique – IHEDN, rattachée à l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale à travers son Fonds de dotation.

Dette publique et stabilité financière : Giovanni Ricco éclaire les enjeux du TPI dans L’Express


Dans un article publié par L’Express le 15 octobre 2025, Giovanni Ricco, économiste au CREST et à l’École polytechnique, revient sur le rôle du TPI (Transmission Protection Instrument), un mécanisme mis en place par la Banque centrale européenne (BCE) pour éviter les tensions excessives sur les marchés de la dette.

Giovanni Ricco explique que ce dispositif permet à la BCE d’intervenir pour corriger certaines dynamiques de marché injustifiées, susceptibles de fragiliser la soutenabilité budgétaire des États membres. Il rappelle que cet instrument, créé en 2022, s’ajoute à la boîte à outils de la BCE pour assurer la bonne transmission de la politique monétaire dans l’ensemble de la zone euro.

« En période de tensions sur les marchés, les investisseurs peuvent rechercher la sécurité de certaines obligations, ce qui fait grimper le rendement d’autres pays », souligne-t-il, insistant sur l’importance d’éviter des spirales auto-entretenues entre hausse des taux et dégradation budgétaire.

📖 À lire dans L’Express :
👉 Dette : le TPI, l’arme méconnue de la BCE qui protège la France (Thibault Marotte, 15 octobre 2025)