À l’heure où les chaînes de valeur mondiales sont soumises à des tensions accrues, comprendre les dépendances commerciales de l’Union européenne est devenu un enjeu central pour la politique économique.
Dans un article de recherche coécrit avec Isabelle Méjean, Pierre Rousseaux, doctorant au CREST-Groupe ENSAE-ENSAI, propose une méthodologie originale pour identifier les dépendances commerciales qui exposent l’UE à des risques élevés de rupture d’approvisionnement.
Une approche affinée des dépendances commerciales
À partir de données très détaillées sur le commerce international, les auteurs vont au-delà des approches classiques fondées uniquement sur la concentration des importations. Leur analyse intègre trois dimensions essentielles :
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les capacités de production au sein de l’Union européenne,
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les possibilités de substitution après un choc d’approvisionnement,
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la rigidité des relations commerciales entre partenaires (stickiness).
Cette approche permet de distinguer les dépendances apparentes de celles qui sont réellement problématiques en cas de crise.
49 produits au cœur des fragilités européennes
En combinant ces critères, la recherche montre que, parmi plusieurs centaines de produits initialement considérés comme sensibles, 49 produits concentrent une dépendance commerciale particulièrement critique pour l’Union européenne.
Ces produits se situent majoritairement en amont des chaînes de valeur, notamment dans les secteurs de la chimie, de l’énergie et des matériaux. Leur rôle stratégique implique qu’une perturbation de leur approvisionnement pourrait avoir des effets en cascade sur de nombreux secteurs industriels européens.
Une recherche présentée au grand public sur France Culture
Ces résultats ont été présentés et discutés dans l’émission Les Chantiers de la recherche sur France Culture, offrant une mise en perspective pédagogique des enjeux liés aux dépendances commerciales européennes et à la résilience des chaînes de valeur.
L’article académique développe plus largement la hiérarchisation des risques — géopolitiques, industriels, sanitaires et liés aux technologies vertes — ainsi que les implications pour la conception des politiques publiques européennes en matière de résilience économique.
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👉 Écouter l’émission sur France Culture
Nous remercions Pierre Rousseaux pour la clarté de ses éclaircissements et sa contribution à la diffusion de ces travaux auprès d’un large public.
Benoît Schmutz-Bloch, l’économiste qui ausculte la ville et ses dynamiques sociales
Maddalena Conte reçoit le Prix de thèse Philippe Martin pour ses travaux sur les inégalités territoriales
Maddalena Conte, ancienne doctorante au CREST , a reçu le Prix de thèse Philippe Martin en sciences économiques 2025 du Conseil d’analyse économique aux côtés de Léonard Bocquet pour ses travaux en économie géographique montrant comment les réseaux professionnels, l’accès au logement et la localisation des entreprises contribuent aux inégalités territoriales et freinent la mobilité des travailleurs, des résultats essentiels pour éclairer les politiques publiques sur l’emploi et les territoires.
Expanded National Accounts for the Environment
CREST Working Papers Series No. 2025-17
by Laurence Bloch and Dominique Bureau
Digital Business Models and Quality Investment
CREST Working Papers Series No. 2025-16
by Marie-Laure Allain, Marc Bourreau and Pierre-François Darlas
« Augmenter la TVA pour mieux baisser les charges patronales », une stratégie macroéconomique pour redresser les finances publiques
Dans une tribune publiée dans Les Échos, Jean-Baptiste Michau, chercheur au CREST, analyse l’intérêt macroéconomique d’une hausse de la TVA afin de financer une baisse des charges patronales. Il explique que ce mécanisme pourrait renforcer la compétitivité, soutenir l’emploi et contribuer au redressement des finances publiques, tout en s’inscrivant dans une stratégie de long terme pour améliorer la structure de notre système fiscal.
Nouvelle publication — Baromètre 2025 des prélèvements fiscaux et sociaux
Le CREST est heureux d’avoir participé à la troisième édition du « Baromètre des prélèvements fiscaux et sociaux en France », réalisée pour le CPO par Harris Interactive.
Ce sondage — mené auprès de 3 055 personnes représentatives de la population adulte — permet de suivre l’évolution des perceptions des Français à l’égard des impôts et cotisations sociales, en comparaison des éditions 2021 et 2023.
Les principaux enseignements sont marqués par une forte stabilité : 78 % des sondés jugent le niveau global des prélèvements trop élevé, et 61 % estiment que leurs propres impôts sont excessifs.
Parallèlement, le baromètre révèle des évolutions importantes dans les déterminants de l’acceptation de l’impôt : la confiance dans les institutions publiques pèse désormais davantage sur ce consentement, tandis que la connaissance du système socio-fiscal n’est plus un facteur explicatif.
Le CREST se réjouit de contribuer à ce travail indispensable de mesure de l’opinion et d’éclairage du débat public sur la fiscalité et la redistribution.
Quels effets d’une revalorisation du tarif des consultations médicales sur l’offre de soins ?
Présentation
Le prix d’une consultation chez un médecin généraliste conventionné en secteur 1 a été augmenté de 23 à 25 euros au 1 er mai 2017. Cette hausse de prix a été décidée par l’Assurance Maladie en accord avec les représentants des médecins, à l’issue de la Convention médicale d’août 2016, afin d’aligner progressivement les honoraires médicaux sur ceux des pays comparables de l’OCDE. Cette « expérience naturelle » permet d’évaluer l’impact causal d’une augmentation des tarifs médicaux sur un ensemble d’indicateurs relatifs à l’offre de soins. Les résultats suggèrent que la hausse des tarifs n’a que peu affecté la fréquence à laquelle les patients se rendent chez leur généraliste, mais qu’elle a conduit les praticiens concernés à voir davantage de patients chaque mois, en augmentant tant le nombre de patients vus chaque jour que le nombre de jours travaillés par mois. L’impact de cette mesure est particulièrement prononcé pour les médecins de moins de 40 ans. On observe par ailleurs une baisse des prescriptions de médicaments par patient, en moyenne, après la revalorisation tarifaire. Si la mesure a certes coûté davantage à l’Assurance Maladie, ce surcroît de dépenses résulte de la seule augmentation du nombre de patients : de légères économies ont été réalisées au niveau de chaque patient.
Résultats clés
- Au 1er mai 2017, la consultation chez les médecins généralistes libéraux conventionnés en secteur 1 passe de 23 à 25 euros.
- Suite à cette revalorisation tarifaire de 8,7 %, les praticiens concernés voient leur activité mensuelle, mesurée en nombre de consultations, augmenter en moyenne de 7 à 10 %, soit une élasticité de l’offre de soins à sa rémunération d’environ 1.
- Cette hausse provient presque exclusivement d’une augmentation du nombre de patients (+11 % en moyenne), et non d’un changement dans la fréquence des consultations.
- La hausse du nombre de patients résulte autant d’une augmentation du nombre de patients vus quotidiennement (de l’ordre de +5 %, en moyenne) que d’un accroissement de l’offre de travail des médecins (+4 %, en moyenne).
- Les prescriptions de médicaments rapportées au nombre de patients ont diminué de 4,5 % en moyenne.
- Le coût mécanique de la mesure pour l’Assurance Maladie s’est élevé à 500 millions d’euros de frais d’honoraires et 400 millions d’euros de remboursements de médicaments supplémentaires. La réaction comportementale des médecins, en termes de hausse d’activité, aurait dû conduire à un doublement de ces dépenses d’honoraires, mais elle a été compensée par la tendance à la baisse de l’offre de soins sur la période
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Auteurs
- Philippe Choné est professeur à l’ENSAE Paris et chercheur au CREST.
- Lionel Wilner est chercheur au CREST
OrienteXpress : l’IA au service de l’orientation et de l’égalité des chances
À l’occasion du Salon Educ@tech qui s’est tenu à Paris du 19 au 21 novembre 2025, l’École polytechnique et Docaposte – via sa filiale Index Education, éditrice de PRONOTE – ont officiellement annoncé le lancement de « OrienteXpress », un projet de recherche visant à améliorer l’orientation des jeunes vers les filières scientifiques. Porté par le professeur Guillaume Hollard, ce projet est soutenu par les donateurs dans le cadre de la campagne « Servir la science ».